L’histoire du Jazz en Afrique

1-les origines de jazz :

Le jazz est un genre musical donc l’origine remonter à l’époque honteuse de la traite négrière. Vers les années 1450, ce sont plus de 12 millions d’africains qui sont déportés en Amérique pour travailler dans les champs de coton et de canne à sucre. Contraints à abandonner leurs croyances et cultures, ils vont abandonner non seulement leurs croyances au profit de celle du blanc, mais aussi s’adapter aux langues de leurs maîtres. Ainsi naît le peuple afro-américain.

   

2-Présence du jazz en Afrique :

Le jazz existe en Afrique dès le début de son histoire puisqu’on rencontre des orchestres de Dixieland ou de ragtime dans les années 1920 en Afrique du Sud, comme les Dark Town Strutters ou le Big Four of Johannesburg ou au Ghana avec la création du Jazz Kings of Accra.
Il se développe grâce à la concomitance de plusieurs facteurs :
1– La présence très précoce des infrastructures de diffusion et production de la musique : la forte implantation des radios coloniales, comme la puissante Radio Brazzaville (qui émet dans toute l’Afrique équatoriale) permet la propagation rapide des musiques occidentales. L’installation dans les années 1920 des maisons de disques occidentales (Gramophone) et l’ouverture de nombreux studios d’enregistrements la décennie suivante.
2– La grande facilité de la plupart des musiciens africains à intégrer dans leurs propres musiques des éléments des musiques étrangères. Ainsi le High Life, énorme machine musicale née d’abord au Ghana (mais qui influencera toutes les musiques du golfe de Guinée) est le résultat de la rencontre entre palm-music (Sierra Leone), musique de fanfare et du jazz.
3– La visite sur le continent africain de plusieurs jazzmen américains soit pour y retrouver des « racines » soit pour conquérir un nouveau public. Ainsi dès 1955, Louis Armstrong vient jouer à Accra (Ghana) et influencera durablement le trompettiste E.T Mensah, roi du Highlife.
4– Enfin, le nationalisme (ou le panafricanisme) développé par les jeunes présidents au lendemain de l’indépendance, sera le fondement d’une politique culturelle volontariste : la création d’orchestres nationaux (souvent de cuivres), dont la fonction principale sera la défense d’une culture nationale et pluriethnique. Les nouveaux gouvernements (Guinée, Mali…) vont ainsi provoquer la rencontre de musiciens très divers et ainsi faire évoluer considérablement la musique de leur pays. En Guinée, la firme d’Etat Syliphone sera chargée de promouvoir ses orchestres nationaux. Même si cette nouvelle musique est fort loin d’une scène jazz à proprement parler, elle partage avec elle la conduite de grands orchestres de cuivres dans lesquels le talent et la technicité de certaines individualités ont souvent émergés.

 

3-Personnalités marquantes à travers l’Afrique :

On pourrait mentionner nombres de musiciens africains, qui durant leur carrière n’ont pas voulu choisir entre le jazz pur et la tradition de leur pays. Ainsi le saxophoniste camerounais §Manu Dibango§, en plus de cinquante ans de carrière, aura joué avec autant de passion, du jazz de la rumba congolaise, du funk de la makossa du reggae ou du rap. De 1962 (première trace discographique de Manu Dibango) à aujourd’hui le saxophoniste n’a cessé de défendre une musique universelle et indivisible. Le jazz parsème la carrière du saxophoniste : de la scène bruxelloise des années 1950 où il rencontre entre autres Bobby Jaspar jusqu’à l’hommage qu’il rendra à Sidney Bechet en 2007 (Manu Dibango joue Sidney Bechet ). Dans les années 1960, il donne des bœufs dans les clubs du quartier Latin, avant de diriger l’orchestre de Nino Ferrer. A la fin de la décennie il commence sa carrière en leader en créant son premier big band. Des expériences jazz-funk
(Africadelic, 1972) aux albums jazz rock des années 1980 (Afrijazzy, 1985), il jouera entre autres avec Cedar Walton, Didier Lockwood, Herbie Hancock, Hugh Masekela ou Tony Williams. Le saxophoniste et chanteur guinéen §Momo Wandel Soumah§, auto proclamé doyen du jazz africain est un excellent improvisateur. Souvent comparé à Louis Armstrong pour le chant il n’en reste pas moins un très bon saxophoniste. Le documentariste Laurent Chevallier lui a consacré un film Momo le doyen.

4-Les musiques actuelles :

Aux origines africaines. Tous les courants du jazz intégrèrent la polyrythmie africaine notamment avec le hard bop (Art Blakey) et le free jazz.

L’histoire du free jazz fit écho à l’histoire du mouvement noir pendant les années soixante. A cette époque les ghettos étaient en ébullition. Le free jazz afficha son intérêt pour la culture africaine et les mouvements de libération des pays du tiers monde. La vieille idée du retour en Afrique connut alors ses derniers succès. Ensuite, les différentes influences seront acceptées dans leur intégralité de la musique classique au free jazz pour créer le jazz fusion. Le groupe Weather report, un des groupes phares de la période jazz rock s’affirma avec le disque black market (1976) ou culminait l’influence des musiques africaines et brésiliennes. Je conclurai avec l’évocation de deux musiciens sud africains que je vous conseille de découvrir.

Le pianiste Dollar Brand qui, après avoir été fortement influencé par (Ellington, Monk), les maîtres américains, a souvent évoqué sa terre africaine avec ses paysages de chaleur et de poussière. Chris Mc Grégor, pianiste blanc, avec son ensemble le brotherhood of breath (la confrérie du souffle) défia les lois de l’apartheid en faisant jouer ensemble des musiciens blancs et noirs. Cette musique est fortement influencé par la vie dans les townships