Delphy production

Projets en cours

Le Crocodile Albinos

Film de long métrage

Une création de : Patricia Kwende

Pitch

Le crocodile albinos raconte le combat d’une mère pour sauver la vie de sa fille albinos. Naophelle est née à Aikono, un petit village d’Afrique où les enfants albinos sont considérés comme apportant le malheur sur le village et sont sacrifiés dès leur naissance. Lühne la jeune mère et fille unique du chef du village brave tous les interdits au péril de sa vie pour sauver celle de sa fille.

AKA UKU

Série TV 12×52

Une création de : Patricia Kwende, Michaël kamuanga, David stram

AKA UKU – KESAKO ?

Est une série télévisée fantastique de 12 épisodes de 52 minutes par saison qui raconte l’histoire du roi africain Njoya qui régna de 1887 à 1933 sur le peuple Bamoun (à l’ouest du Cameroun), unifiant de nombreuses tribus sous sa bannière pour former un puissant royaume.

Pitch

La première saison d’Aka Uku raconte la difficile accession au trône de Njoya qui, après la mort de son père, devra s’échapper de l’Ecole militaire, où il a prêté serment de servir jusqu’à sa mort pour se lancer dans une course contre la montre. Traverser le continent africain pour rejoindre son village et récupérer son trône avant que ses adversaires ne s’en emparent.

Mbembe

De l’écrit…

Je suis d’origine camerounaise. Je vis en France depuis 10 ans mais je retrouve toujours le Cameroun avec bonheur, cet air chaud et humide qui m’insupporte au bout de deux jours, le vacarme ambiant des villes qui me saoule mais qui me manque tant deux jours après mon retour en France. Les plats, les odeurs, la nature. Le coucher du soleil sur les montagnes de mon village. La plage sauvage, la forêt, le contact de la pluie, magique tout simplement. Et ma famille, les gens, toujours souriants et chaleureux même quand tout va mal.
Fascinée par les histoires que me racontait ma grand-mère et par les contes que j’ai pu lire et découvrir au cours de mes études, c’est tout naturellement que j’ai commencé à écrire des nouvelles teintées par les ambiances de mon pays. Mbembe est né de cette tradition. C’est un personnage imaginaire, issu d’un conte de mon enfance. Il est l’incarnation de l’innocence. C’est parce qu’il est innocent, généreux et naïf qu’il est protégé par les esprits de ses ancêtres et peut traverser les épreuves de la vie.
L’histoire de Mbembe me touche particulièrement car dans le monde d’aujourd’hui il n’y a plus de « Mbembe », et la confiance est un bien précieux que l’on n’accorde plus de peur d’être trahi et de prendre ainsi des risques inconsidérés dans ce monde qui est le nôtre.
J’ai écrit une première histoire inspirée d’un fait-divers qui s’est déroulé au Cameroun (Un homme empoisonné par l’amant de sa femme revenait à la vie alors qu’on clouait son cercueil). Cette histoire racontait les déboires de Mbembe, un jeune fermier, qui revenait d’entre les morts après avoir été empoisonné par un malfaiteur. Dans cette première version, l’histoire était racontée à des enfants par un vieux sage pour leur apprendre la méfiance à l’égard des inconnus.
Soucieuse de voir ce projet trouver un aboutissement, je me suis mise en quête d’un réalisateur désireux de développer le projet. J’avais été très touchée par le film de Michel Ocelot, Kirikou et la sorcière. Ce film m’avait replongée dans mon enfance, j’ai donc privilégié le monde de l’animation dans mes recherches.
J’ai alors rencontré Julien Laval, un jeune réalisateur, qui a lu et apprécié le scénario. Nous avons donc travaillé ensemble et avons concentré nos efforts sur l’histoire de Mbembe pour en faire une histoire à part entière. Il était important pour moi de conserver l’aspect mystérieux du parcours de Mbembe, cette dimension fait partie de mon héritage et malgré le fait que je sois chrétienne, je crois beaucoup au pouvoir des ancêtres et à l’importance de la tradition. Il m’apparaissait important que cet aspect demeure dans le film.

SYNOPSIS

Mbembe est un voyage initiatique dans les contrés africaines où le réel flirte subtilement avec l’irréel pour notre plus grand plaisir

À la réalisation

Ce projet est né d’un concours de circonstances, deux personnes qui partagent la même envie au même moment et qui se rencontrent opportunément. Patricia était soucieuse de voir son travail de scénariste, de conteuse, trouver un aboutissement et j’étais moi-même à la recherche d’un projet après avoir travaillé sur une production qui m’avait à la fois beaucoup apporté et donné envie de réaliser moi-même un film.
Quand j’ai lu l’histoire de Mbembe pour la première fois, j’ai été marqué par deux choses qui me semblaient concentrer l’essence de ce récit où se mêlaient magie, traditions, aventure et rite initiatique moderne.
La première chose, c’est cette image qui ouvre le film : un fermier noir sous la chaleur écrasante du soleil à son zénith et qui porte des bottes en caoutchouc. Une simple paire de bottes qui témoigne à elle seule de l’influence d’un monde sur un autre et de l’absurdité occasionnelle de cette relation.
La deuxième, c’est la résurrection du héros qui, de son vivant, va expérimenter l’enfer.
Ce qui m’intéresse c’est la confrontation dans toute sa violence entre deux univers (le village et la forge) dans des circonstances exceptionnelles (la mort du héros et sa résurrection), et comment un homme comme Mbembe l’appréhende avec les outils qui sont les siens. Comment les yeux d’un fermier animiste et naïf transforment-ils un monde, une réalité qui lui échappe ?
La technique principale sera la marionnette animée. Cette technique a vocation à donner une assise réelle et matérielle à l’histoire de Mbembe. Elle ancrera également le monde du personnage dans une réalité : son village, les champs, une partie de la forêt, qui seront réalisés en maquette, mais aussi les siens, Ima, Tagnï, les villageois qui seront réalisés en marionnette.
Le plaisir de manipuler des objets, de travailler avec la matière est important pour moi. De plus, l’évocation du fétiche et de la marionnette comme être déterminé par une volonté supérieure, est un élément qui m’apparaît riche et cohérent avec l’ensemble du projet.
A partir du moment où Mbembe ressuscite, on voit « l’autre monde » à travers ses yeux. La représentation des personnages et des décors seront issus de sa vision et de la façon dont il interprète l’espace qui l’entoure. Seul Mbembe conservera toute sa matérialité, les autres personnages seront divisés en trois catégories :
– Les personnages secondaires réels (Roger, le patron, l’oricou, le chauffeur) : leurs têtes seront réelles, leurs corps seront prolongés par du dessin, extrapolés par la vision de Mbembe.

– Les personnages secondaires magiques (l’homme brouillard, l’enfant) : ils seront intégralement dessinés, en blanc. Dans la forge l’enfant se matérialisera et sortira de la tête de son père. L’enfant sera alors réalisé dans la même matière que celle de la tête de Mbembe.

– Les figurants (les hommes de main, les gardes, les esclaves) : ils seront intégralement dessinés.

Pour des raisons techniques et de repères, les décors seront esquissés en maquette et prolongés par du dessin. Le réel reprendra ses droits progressivement, et la forêt dans laquelle fuit Mbembe se matérialisera au fur et à mesure qu’il se rapprochera de son village.

Pour la musique, et pour conserver cet esprit de confrontation, j’envisage de proposer pour la réalité familière à Mbembe, un univers sonore organique, humain, en privilégiant des bruitages et une musique discrète et rythmique. [ref: human-beatbox]
En contrepartie l’univers de la forge sera plus mécanique, reprenant des sons d’outils et de machinerie [ref: Aphex twin, Stomp]